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Décret BACS : REX de l’Etablissement scolaire Petit Val, une méthode concrète pour réduire les consommations et rentabiliser la GTB

Pour les établissements scolaires, la transition énergétique soulève un double défi : mettre les bâtiments en conformité avec le décret BACS, tout en atteignant les objectifs de réduction des consommations fixés par le décret tertiaire. Le tout dans des sites souvent hétérogènes, occupés de manière discontinue, et où le confort des élèves, des enseignants et du personnel reste prioritaire.

 

Le retour d’expérience du Groupe scolaire du Petit Val, à Sucy-en-Brie, montre qu’un projet BACS peut devenir bien plus qu’une obligation réglementaire. Bien mené, il permet de reprendre la main sur les consommations, d’améliorer le pilotage technique du site et de générer un retour sur investissement rapide.

 

Au Petit Val, les résultats sont parlants en quelques mois : 20 % d’économies d’électricité, 35 % d’économies de gaz, 30 % d’économies d’énergie globales et un ROI inférieur à 3 ans.

 

Vous souhaitez découvrir le retour d’expérience complet en vidéo ? Le replay du webinaire est disponible ici.

 


Sommaire :


 

Un site scolaire représentatif des enjeux du secteur de l’enseignement

Le Groupe scolaire du Petit Val accueille plus de 1 500 élèves, de la maternelle au lycée, sur un site de 5 hectares. Le patrimoine immobilier est hétérogène : un château de la fin du XVIIIe siècle, des bâtiments construits à différentes périodes, des équipements techniques variés, une cuisine, des salles de classe, des espaces administratifs et de restauration.

Cette diversité est typique du secteur de l’enseignement : les bâtiments n’ont pas tous été conçus au même moment, ne répondent pas aux mêmes standards techniques et ne présentent pas les mêmes usages énergétiques.

L’enjeu initial était donc clair : obtenir une vision fiable des consommations, homogénéiser le pilotage du site et identifier les actions les plus rentables, sans dégrader le confort des occupants.

 

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Etape 1 : réaliser un état des lieux technique et énergétique

La première étape du projet a consisté à analyser l’existant.

L’objectif n’était pas de repartir de zéro, mais de comprendre précisément ce qui pouvait être conservé, piloté, raccordé ou optimisé. Cette phase d’audit a permis d’identifier les équipements en place : chaufferies gaz, centrales de traitement d’air, équipements communicants ou non communicants…

Cette approche est essentielle pour les établissements scolaires, car elle permet d’éviter les surinvestissements. Le projet BACS n’a pas été traité comme une simple installation technique, mais comme une démarche de performance énergétique progressive.

 

Étape 2 : mettre en place une GTB adaptée à chaque bâtiment

Enezen, intégrateur GTB, a déployé une GTB adaptée pour chaque bâtiment. La particularité du projet réside dans l’adaptation aux différents niveaux de maturité technique des bâtiments.
Sur les bâtiments anciens, comme le château, l’objectif était de mettre en place un pilotage efficace sans engager des travaux disproportionnés. Sur les bâtiments plus récents, certains équipements existants ont pu être raccordés à la supervision. Enfin, le nouveau bâtiment livré récemment a été intégré avec un niveau de GTB plus avancé.

Cette approche pragmatique a permis de mettre en place un pilotage global du site, tout en tenant compte des contraintes techniques, budgétaires et fonctionnelles propres à chaque bâtiment, ainsi que des exigences du décret BACS.

 

Etape 3 : mesurer les consommations par zone et par usage

Le deuxième pilier du projet a été le comptage énergétique par usage.

Smart Impulse a déployé 5 compteurs Smart X pour suivre les consommations par zone et par usage. Cette approche non intrusive a évité l’installation de plusieurs dizaines de sous-compteurs physiques. Sur un site comme le Petit Val, il aurait fallu environ une cinquantaine de compteurs classiques pour atteindre un niveau de détail comparable.

Les données obtenues ont permis de distinguer les principaux usages : ventilation, auxiliaires, éclairage, informatique, eau chaude sanitaire, restauration, pompes à chaleur …

C’est ce niveau de détail qui a permis de passer d’un constat général : “le bâtiment consomme trop”, à des actions ciblées : “tel usage consomme inutilement la nuit” ou “tel équipement fonctionne pendant les vacances”.

 

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Étape 4 : connecter les données à une plateforme d’hypervision

Les données issues de la GTB et du comptage Smart Impulse ont été intégrées dans la plateforme Building X de Siemens, avec son module de management énergétique.

Cette centralisation permet de suivre les consommations, de visualiser les dérives, de paramétrer des alertes et de piloter les actions dans le temps. Pour un établissement scolaire, c’est un point clé : la performance ne dépend pas uniquement de l’installation initiale, mais de la capacité à suivre, corriger et ajuster les réglages au fil de l’année scolaire.

 

Étape 5 : agir sur les principaux gisements d’économies

Résultat : 37,5 % d’économie sur l’usage ventilation et auxiliaires du bâtiment concerné.

Autre levier majeur : les vacances scolaires. Dans un établissement d’enseignement, les périodes d’inoccupation représentent un gisement considérable. Grâce à l’automatisation des arrêts pendant les vacances, les consommations ont été réduites de 67 % sur la période estivale analysée.

Ces actions illustrent bien l’intérêt de la GTB : les économies ne proviennent pas uniquement de gros travaux, mais aussi d’un pilotage plus fin des équipements existants.

 

Le rôle de chaque partenaire

Le projet a fonctionné parce que chaque acteur a eu un rôle bien défini et complémentaire.

 

  • Le Groupe scolaire du Petit Val a porté la vision du projet. L’établissement a fixé les objectifs : réduire les consommations, maîtriser le budget énergétique, améliorer le confort et respecter les obligations réglementaires. Il a également pris les décisions d’investissement et intégré le projet dans une démarche plus large de transition énergétique.

 

  • Enezen a joué le rôle d’intégrateur GTB et de conseil en energy management. Ses équipes ont réalisé l’audit technique, installé et raccordé les équipements, mis en place la supervision, paramétré les horaires et les consignes, puis assuré la maintenance et le suivi dans le temps. L’intégrateur a également accompagné l’établissement dans l’exploitation concrète des données.

 

  • Smart Impulse a apporté la brique de comptage énergétique via la mesure non intrusive et d’analyse des consommations par usage. Son rôle a été de rendre visibles les gisements d’économies, de suivre l’impact des actions mises en place et d’alimenter la plateforme de supervision avec des données par usage fiables et comparables.

 

  • Siemens a fourni la plateforme GTB ainsi que l’environnement d’hypervision et de management énergétique (Building X) permettant de centraliser les données, de suivre les indicateurs et de faciliter l’exploitation quotidienne.

 

Un ROI inférieur à 3 ans

 

L’un des points les plus marquants du projet est son retour sur investissement.

Sur le premier périmètre, l’investissement GTB et comptage est de l’ordre de 100 000 euros. Les économies générées, combinées aux actions complémentaires comme l’installation de pompes à chaleur, le remplacement de têtes thermostatiques ou le calorifugeage, permettent d’atteindre un retour sur investissement inférieur à 3 ans.

Pour l’établissement, l’impact budgétaire est très concret : la charge énergétique est passée de 11 points à 7 points du budget global, sur un budget annuel d’un peu moins de 6 millions d’euros.

Ce résultat est particulièrement important pour les acteurs du secteur public et de l’enseignement. Il montre qu’un projet BACS peut être financé par les économies qu’il génère, à condition d’être pensé comme un projet de performance et non comme une simple dépense réglementaire.

 

Des économies sans sacrifier le confort

Le projet a également permis d’améliorer le confort des occupants.

Les réglages de GTB ont été ajustés avec les équipes de l’établissement pour trouver le bon équilibre entre sobriété et confort. Les pompes à chaleur installées sur le bâtiment le plus ancien ont permis de réduire le recours au gaz tout en améliorant le confort d’été. Les réglages de chaufferie, les têtes thermostatiques et le calorifugeage ont contribué au confort d’hiver.

Dans un établissement scolaire, ce point est déterminant. Réduire les consommations ne peut pas se faire au détriment des élèves, des enseignants ou du personnel. Le cas du Petit Val montre qu’un meilleur pilotage permet au contraire d’éviter les gaspillages tout en répondant mieux aux besoins réels.

 

Une démarche qui se poursuit

Le projet BACS du Petit Val s’inscrit dans une stratégie plus large. L’établissement poursuit ses actions avec le passage progressif à l’éclairage LED, un projet de 700 m² de panneaux photovoltaïques en autoconsommation et un futur raccordement à la géothermie.

L’objectif est clair : continuer à réduire les consommations, diminuer la dépendance au gaz et se rapprocher des objectifs de long terme du décret tertiaire.

 

Ce qu’il faut retenir

Le retour d’expérience du Groupe scolaire du Petit Val montre qu’un projet BACS réussi repose sur une méthode simple : diagnostiquer l’existant, mesurer les consommations par usage, installer une GTB adaptée, piloter les équipements selon l’occupation réelle, puis suivre les résultats dans la durée.

Pour les établissements d’enseignement et les acteurs publics, ce cas démontre qu’il est possible de concilier conformité réglementaire, économies d’énergie et confort des occupants.

Au Petit Val, la mise en conformité n’a pas été une contrainte subie. Elle est devenue un levier de performance énergétique, avec des économies mesurables et un ROI inférieur à 3 ans.

 

BOUTONS ET PICTOS (31)

 

Pour aller plus loin :

Décret BACS : Conformez-vous facilement avec des solutions de mesure et suivi énergétiques adaptées.

Plan de comptage énergétique : comment être conforme aux Décrets BACS et Tertiaire ?

Report décret BACS : une opportunité pour mieux se préparer avant 2030