Plan de collecte de données énergétiques : pourquoi est-il au coeur de la démarche ISO 50001?
Pour les sociétés qui veulent s’engager dans la mise en place d’un système de management de l’énergie certifié dans le cadre de la loi DDADUE, comme pour celles qui s’engagent volontairement dans une démarche environnementale, la certification ISO 50001 apporte une méthode reconnue au niveau international pour améliorer durablement leur performance énergétique.
Dans cette démarche, une connaissance précise des consommations des sites concernés est indispensable pour analyser la performance énergétique, identifier les priorités d’action et alimenter le cycle d’amélioration continue PDCA : Plan, Do, Check, Act.
La clause 6.6 de la norme formalise cette exigence à travers le plan de collecte de données énergétiques, qui organise les informations nécessaires au pilotage et à l’amélioration continue de la performance.
Les témoignages de Sercel, Crédit Agricole Assurances et DHL Express France illustrent concrètement comment cette exigence se traduit sur le terrain.
Sommaire :
- Du cycle PDCA à la revue énergétique : comprendre avant d’agir
- Plan de collecte et plan de comptage : deux niveaux complémentaires
- Smart Impulse : simplifier le plan de comptage
- Trois retours d’expérience : du comptage aux actions
- Un plan de comptage qui accompagne l’amélioration continue
Du cycle PDCA à la revue énergétique : comprendre avant d’agir
L’ISO 50001 repose sur le cycle d’amélioration continue PDCA : Plan, Do, Check, Act : Planifier, Réaliser, Vérifier, Agir. Dans la phase Plan, l’une des premières étapes structurantes est la revue énergétique, prévue par la clause 6.3. Il s’agit d’une analyse formalisée des usages et des consommations d’énergie de l’organisation : elle sert à comprendre où part l’énergie, ce qui fait varier les consommations et à identifier les usages énergétiques significatifs, c’est-à-dire ceux qui représentent une part importante de la consommation ou présentent un potentiel d’amélioration significatif.
À partir de cette analyse, l’organisation définit notamment ses indicateurs de performance énergétique et sa situation énergétique de référence, qui lui permettront de suivre ses progrès dans le temps. La donnée est donc présente à toutes les étapes : pour établir la situation initiale, identifier les priorités, interpréter les variations de consommation et mesurer les effets des actions.
La question du comptage apparaît ainsi très tôt : une facture ou un compteur général indique combien un site consomme, mais pas nécessairement ce qui consomme. L’enjeu est particulièrement fort pour l’électricité, qui concentre une multitude d’usages : éclairage, ventilation, climatisation, informatique, groupes froids, machines… C’est donc souvent l’énergie la plus complexe à décomposer, alors même que la norme demande d’identifier les usages énergétiques significatifs et d’en suivre la consommation. Sans visibilité par usage, il devient difficile de qualifier ce qui est réellement significatif, de construire des indicateurs pertinents ou de cibler les actions là où elles auront le plus d’impact.
Plan de collecte et plan de comptage : deux niveaux complémentaires
La clause 6.6 de la norme ISO 50001 demande de « définir et mettre en œuvre un plan de collecte de données énergétiques ». Ce plan organise les informations dont l’entreprise a besoin pour piloter sa performance : consommations, facteurs d’influence : météo, occupation, horaires, niveau de production ou paramètres de procédé , sources de données, fréquence de collecte, niveau de fiabilité et modalités de conservation.
Le plan de comptage en constitue la composante technique : il définit comment les consommations vont être effectivement mesurées. L’ISO 50001 n’impose ni technologie ni architecture particulière. Elle fixe en revanche des exigences de résultat : disposer des données nécessaires au pilotage, définir leur fréquence de collecte et s’assurer que les équipements de mesurage produisent des données « exactes et répétables ».
En pratique, chaque point de mesure doit donc répondre à un besoin concret : suivre un usage, construire un indicateur ou éclairer une décision. Et le plan ne peut pas être figé. La clause 6.6 prévoit qu’il soit revu à intervalles définis et mis à jour en fonction des besoins. Nouvel équipement, évolution du bâtiment ou de la production, nouvel usage significatif : le comptage doit pouvoir évoluer avec le système de management de l’énergie.
Cette évolution peut devenir complexe avec un sous-comptage électrique traditionnel. Selon l’étude AFNOR « Les pratiques de management de l’énergie d’organismes engagés dans l’ISO 50001 » (2024), la mise en place d’un plan de comptage adapté se heurte notamment à des contraintes techniques liées à la vétusté des bâtiments et à l’hétérogénéité des installations existantes, qui compliquent l’intégration de systèmes de mesure traditionnels, ainsi qu’à des coûts initiaux élevés, notamment lorsqu’il faut installer un grand nombre de compteurs ou adapter l’infrastructure.
Sans un plan de comptage adapté, la revue énergétique perd en fiabilité et en précision. L’étude AFNOR relève ainsi que « la revue énergétique ne permet pas d’avoir une vision synthétique des utilisations de l’énergie sur les sites, ni de justifier clairement le choix des UES ».
Smart Impulse : simplifier le plan de comptage
C’est précisément sur cette difficulté que la solution de mesure non-intrusive de Smart Impulse intervient. Le Smart X est un compteur intelligent installé sur l’arrivée électrique générale du bâtiment ou sur les zones à suivre, sans coupure ni travaux lourds. À partir du signal mesuré, les algorithmes d’intelligence artificielle identifient les signatures électriques et restituent les consommations par usage.
Cette approche permet de réduire fortement l’instrumentation : le nombre de compteurs nécessaires est de l’ordre de dix fois inférieur à celui d’une solution de sous-comptage traditionnelle. Elle facilite ainsi le déploiement initial, mais aussi l’évolution du plan : un nouvel usage ou un besoin de granularité supplémentaire peut être intégré progressivement, sans générer à chaque évolution des coûts importants d’instrumentation.
La simplification ne se fait pas au détriment de la métrologie. Smart Impulse s’appuie sur une mesure de classe 0,5 en énergie active selon l’IEC 61557-12, avec des données supervisées et un taux moyen de données de 99,9 %. Les consommations peuvent ensuite être exploitées dans la plateforme Smart Impulse ou intégrées via API à un reporting global multi-énergie.
Trois retours d’expérience : du comptage aux actions
Chez Crédit Agricole Assurances, l’amélioration du plan de comptage a constitué l’une des premières étapes pour mieux comprendre les bâtiments et hiérarchiser les actions.
« La collecte des données énergétiques, c’est le point de départ : sans cela, on ne peut pas avancer avec l’ISO 50001, et on risque de faire de mauvais choix. »
Hugues Burger, responsable de projets environnement et performance énergétique, Crédit Agricole Assurances
Le comptage Smart Impulse a contribué à approfondir la revue énergétique, à identifier les usages prioritaires puis à mettre en place des actions ciblées : optimisation du pilotage, programmes horaires, adaptation aux conditions météorologiques ou ajustement des températures. Crédit Agricole Assurances a obtenu plus de 7,5 % d’économies d’énergie dès la première année, sans investissement lourd.
« Nous aurions pu installer tout un ensemble de sous-compteurs, mais le coût aurait été astronomique. Cette solution est donc aussi très intéressante d’un point de vue économique. » Hugues Burger.
L’AFNOR a également relevé lors des audits la pertinence des plans de comptage et une revue énergétique devenue plus détaillée grâce au comptage Smart Impulse.
Visionnez le témoignage complet : DE LA DATA ENERGETIQUE A L’ACTION : L’ISO 50001 EN PRATIQUE – REX DE CREDIT AGRICOLE ASSURANCES
Dans l’industrie, Sercel, équipementier du groupe Viridien, partait d’un constat différent : les ateliers disposaient historiquement de peu de comptage par usage, alors qu’il fallait identifier les usages significatifs et rapprocher leur consommation des horaires de production, des températures ou des paramètres de process. Quand on lui demande quelle était l’étape essentielle pour atteindre les exigences de la norme :
« Sans hésiter : le plan de comptage. Bien cartographier le site, ses équipements, prioriser les usages significatifs, et mettre en place le comptage adapté. C’est la base pour des indicateurs robustes et des actions efficaces. »
Céline Turmo Roca, Directrice RSE & HSE, Sercel
À Nantes, le suivi par usage a permis de détecter des pompes de circulation fonctionnant l’été alors que le chauffage était arrêté : 46 MWh évités, soit 8 280 euros d’économies. Sur l’air comprimé, la correction d’une programmation qui ré-enclenchait le compresseur la nuit et le week-end représente environ 8 000 euros d’économies annuelles.
Lisez l’interview : Management de l’énergie ISO 50001 : comment Sercel structure sa performance énergétique avec la donnée par usage
Enfin, DHL Express France illustre l’enjeu du passage à l’échelle. Sur un périmètre ISO 50001 de 55 sites, la priorité était de centraliser, fiabiliser et harmoniser des données provenant de sources multiples. Smart Impulse fournit la donnée électrique par usage, intégrée via API dans la plateforme Citron avec les autres données énergétiques. À Toulouse, dans un bâtiment neuf, cette lecture a mis en évidence des surconsommations liées aux réglages de l’éclairage et du chauffage ; après correction, DHL constate près de 35 000 euros d’économies en six mois.
« Un bâtiment neuf n’est pas automatiquement optimisé. Il faut apprendre à le comprendre, à le piloter et à l’utiliser. Grâce à une granularité fine : par heure, par minute et par usage, nous pouvons rechercher des actions pérennes pour la journée, la nuit, les soirées et les week-ends. » Lise Chevalier, DHL Express France
Visionnez le témoignage complet : « ISO 50001 : de la certification à l’amélioration continue – les outils indispensables au succès »
Un plan de comptage qui accompagne l’amélioration continue
Ces trois expériences illustrent la mécanique de l’ISO 50001 : la revue énergétique permet d’identifier les enjeux et les usages significatifs ; le plan de collecte organise les informations nécessaires ; le comptage produit les mesures ; les actions transforment cette connaissance en économies ; puis les données permettent d’en suivre les résultats.
Sur l’électricité, où la multiplicité des usages rend cette lecture particulièrement complexe, Smart Impulse facilite cette chaîne en associant mesure non intrusive, intelligence artificielle et métrologie. Avec un nombre de points de mesure réduit et un comptage qui peut évoluer avec les usages et les priorités, l’entreprise dispose d’une donnée par usage capable d’accompagner son système de management de l’énergie d’une revue énergétique à l’autre.
Pour aller plus loin :
DDADUE 2025, ISO 50001 et Industrie 5.0 : pourquoi la donnée par usage devient incontournable
Dassault Systèmes & Smart Impulse : de l’optimisation énergétique à l’ISO 50 001
Loi DDADUE 2025 et ISO 50001 : comment être conforme d’ici 2027 ? REX de Crédit Agricole Assurances
Cet article a été conçu avec l’aide partielle d’une IA pour la recherche documentaire et l’assistance à la rédaction, puis relu, enrichi et vérifié par notre équipe éditoriale.
Sabine Dorgan est Head of Marketing chez Smart Impulse depuis 2023. Son parcours a débuté chez NVIDIA, avant de se poursuivre chez Taliance, proptech (aujourd'hui intégrée à Altus Group), où elle a piloté le marketing et la communication sur les marchés européens et américains. En tant que CMO chez Digimind (an Onclusive Company, SaaS social listening) et Klubb Group (industrie), elle a également porté les enjeux RSE au sein du CODIR. Cette triple expertise, immobilier, technologie et RSE, nourrit aujourd'hui sa vision des transformations énergétiques et digitales du secteur.









